[théâtre] Dracula (Lucy’s dream) et Une maison de poupée : Master of puppets !

Dracula, Lucy's Dream de Yngvild Aspeli © DR

En mars, le Théâtre Silvia-Monfort accueille Yngvild Aspeli, figure majeure de la scène marionnettique contemporaine, avec deux spectacles fascinants qui célèbrent la libération féminine.

S’inspirant librement de l’histoire inventée par Bram Stoker, avec le projet d’en souligner la forte charge érotique, Yngvild Aspeli se concentre sur le personnage de Lucy, la première victime de Dracula, dans son combat contre le démon de la domination, la dépendance et l’addiction à une force destructrice. Tel est le rêve terrible de Lucy, auquel répond le cauchemar non moins effrayant de Nora, le petit écureuil adoré par Torvald, qui découvre la vilénie de son époux et l’oppression cachée sous l’apparence trompeuse de son mariage parfait. Deux femmes, autrement dit deux sorcières comme les autres, qui s’arrachent à la servitude d’être femme.

Un art de la fusion

Yngvild Aspeli, directrice artistique de la compagnie Plexus Polaire, pratique ce qu’elle appelle « le cross-over-language », le point de rencontre entre différentes expressions artistiques, et développe un univers visuel puissamment original qui donne vie aux sentiments les plus enfouis, et fouille dans les affres du psychisme en donnant corps à ses fantasmes, ses pulsions et ses angoisses. Les marionnettes de taille humaine, l’acteur-marionnettiste à la saisissante double présence, la musique, la lumière et la vidéo dialoguent et créent un univers trouble et troublant, entre illusion et réalité.

Un théâtre du frisson

« L’utilisation de la marionnette comme clé dramaturgique nous permet de capturer les thèmes sous-jacents de manière physique et visuelle, afin de transformer le texte en une expérience physique », dit Yngvild Aspeli. La créatrice explore les frontières et dynamite les taxons. Dans l’un et l’autre spectacle, elle interroge la porosité entre l’humain et l’animal, la bestialité des premiers et la force suggestive des seconds, mais elle questionne aussi l’apparente opposition entre morts et vivants et la labilité des figures, des mythes et des représentations, donnant naissance à un univers qui, en renouvelant les formes spectaculaires, tâche de réinventer la manière de nommer les choses.

Deux spectacles de Yngvild Aspeli à découvrir au Théâtre Silvia Monfort :

Dracula, Lucy's Dream du 11 au 15 mars 2026

Une maison de poupée du 19 au 29 mars 2026

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