[théâtre] SarkHollande (comédie identitaire) : De peur d’être obligé d’en pleurer…

© Animaux en paradis / Valentine Chauvin

Nouvel épisode de la saga Huit Rois (nos présidents) au Théâtre 13 : Léo Cohen-Paperman et ses camarades portraiturent Nicolas Sarkozy en humoriste raté et François Hollande en clown pataud.

Giscard, Chirac et Mitterrand : Paix et sécurité, Force tranquille et France pour tous. Les deux suivants ont moins d’envergure : du Kärcher au scooter, du « Casse-toi pauv’con » au « président normal »… Le nouvel opus de la série consacrée aux monarques élus de la Ve République revisite la France de 2007 à 2017. On rit autant, mais un peu plus jaune, tant cette décennie fut marquée par des événements moins glorieux que la légalisation de l’IVG ou l’abolition de la peine de mort : ministère de l’Identité nationale, déchéance de nationalité, loi Travail… On a connu plus drôle !

Les iconoclastes après les thaumaturges

Julien Campani, Léo Cohen-Paperman et Clovis Fouin ont pourtant décidé de grimer Sarkozy et Hollande en humoriste et en clown, « comme si les deux hommes, pourtant bien dissemblables, étaient mus par un même désir – inconscient ? – de transgresser le caractère monarchique (et donc sacré) de la fonction présidentielle », dit Léo Cohen-Paperman, qui met en scène ce spectacle. La narration est portée par Leïla Merabet (Ada Harb), jeune femme issue de l’immigration qui a voté Sarkozy en 2007, pour s’être retrouvée dans l’ambition du candidat et sa capacité transgressive, et choisi Hollande cinq ans après, dépitée par le tournant identitaire du candidat de droite.

Le sang et les larmes

Avec Valentin Boraud et Clovis Fouin dans les rôles des deux pitres élyséens, Leïla raconte ses amours avec Ludovic Müller, jeune artiste issu de la « France périphérique », et leurs déchirements intimes au moment où la société française voit déferler les attentats de Toulouse, Charlie Hebdo, l’Hyper Casher, Montrouge, le Bataclan, les terrasses parisiennes, le Stade de France, Magnanville, Nice et d’autres encore, qui endeuillèrent la période. « Écrire un spectacle sur deux présidents, c’est parler d’une époque et de ses passions, davantage encore que de dessiner un portrait. », dit Léo Cohen-Paperman. Bienvenue dans l’empire des passions tristes !

Huit Rois (nos présidents) – SarkHollande au Théâtre 13 : réservez vos places avec L'Officiel des spectacles

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