[théâtre] Le Malade imaginaire : Thérapie familiale

© Émilie Brouchon

Francis Perrin fête ses 60 ans de carrière au Théâtre de la Michodière, réunissant enfants et amis pour célébrer Molière et prouver, comme le patron, que l’amour est la meilleure des médecines.

Francis Perrin choisit Argan, soit Molière lui-même, qui mourut dans ce rôle, pour célébrer, à pleins poumons, la force comique, l’intelligence et la verve du génie qu’il révère. À ses débuts au Français, le comédien brilla dans le rôle de Thomas Diafoirus : son fils, Louis, le reprend dans cette mise en scène signée par son père et y étincelle à son tour. Si Le Malade imaginaire ausculte la manière dont les hommes affrontent le mystère de la mort, selon qu’ils en redoutent l’annonce ou s’en moquent allègrement, elle est aussi une belle parabole sur la force des gentils et des simples. La bonté d’Angélique vient à bout de l’égoïsme d’Argan : tout va mieux quand on s’aime !

Triomphe de l’amour

Francis Perrin campe un valétudinaire bougon, bourgeois bonasse plutôt que méchant homme, plus finaud qu’il n’en a l’air, plus bourru que vicieux, et prompt à abandonner l’union avec la gente médicale pour préférer l’amour de sa fille et les conseils avisés de son frère et de sa servante, interprétés par les toujours excellents Nathalie Cerda et Éric Laugérias. Bonne pâte, au fond, que cet Argan-là, qui se prête volontiers à la farce finale que joue sa famille et qui rappelle que les vertus de la vie rieuse valent mieux que les emmerdements du clystère et la mesquinerie des comptes d’apothicaire amenant à confondre passion intègre et mariage d’intérêt.

Promenade de santé

Éric Boucher, Jeanne, Louis et Clarisse Perrin, Côme Thomas et Jean-Luc Fabry complètent cette troupe alerte et sympathique qui illustre avec éclat la victoire de la sincérité sur l’hypocrisie, de la bonhomie franche sur la mesquinerie cauteleuse et de la nature sur l’artifice. Impossible, en voyant cette pièce, de ne pas penser aux Diafoirus que durent affronter Francis et Gersende Dufromentel et au combat qui fut le leur pour aider Louis à devenir comédien et heureux. Tout, dans ce spectacle, est guidé par ce souci philanthrope et complice : la joie d’être ensemble sur scène est patente ; elle est plaisante à voir et à partager.

Le Malade imaginaire au Théâtre de la Michodière : réservez vos places avec L'Officiel des spectacles

Partager cet article sur :

Nos derniers articles

Partenaire

Présenté dans le cadre du temps fort en écho à l'exposition Premières Nations, Aalaapi | ᐋᓛᐱ est un spectacle entre théâtre et création radiophonique. Une invitation à écouter pour mieux regarder un Grand Nord affranchi des clichés, restitué de l'intérieur.

Au Théâtre des Bouffes du Nord, Stanislas Nordey s'empare de la pièce de Yukio Mishima pour explorer la figure du marquis de Sade à travers le regard de six femmes. Un fascinant huis clos porté par une distribution remarquable, avec Mélanie Thierry en tête.

Au Théâtre de la Porte Saint-Martin, Alain Françon réunit une vingtaine d’artistes autour de Vincent Dedienne pour une réjouissante Folle Journée. Une comédie de troupe qui fait entendre, sans forcer le trait, toute l’insolence de Beaumarchais.

Publié le 20 octobre 2026 [Théâtres]

Après Robert Hirsch et Anthony Hopkins, Pierre Arditi rêvait depuis longtemps d'endosser le rôle d'André. À 81 ans, il le reprend enfin, face à Isabelle Carré, dans une nouvelle mise en scène signée Florian Zeller. Un rendez-vous particulièrement émouvant.

La newsletter

Chaque mercredi, le meilleur des sorties culturelles à Paris avec L'Officiel des spectacles !