Riposte féministe [critique] : Les violences sexistes noir sur blanc

© Wild Bunch International

Marie Perennès et Simon Depardon nous entrainent dans un voyage à travers la France, à la découverte des collectifs derrière les collages dénonçant les violences faites aux femmes. Un documentaire juste et puissant, qui saisit le sens de leur action militante.

Pendant le confinement de 2020, les deux cinéastes découvrent une phrase collée sur le mur en bas de chez eux : « femmes agressées, violées, battues, vous n'êtes pas seules. On vous croit ». Il s’agit d’un des messages de soutien qui petit à petit envahissent les rues des villes de toute la France. Lettres noires, ou parfois rouges, sur des A4 blancs qui dénoncent les violences verbales et physiques que plus d’une femme sur deux subit au quotidien.

Les réalisateurs décident ainsi de partir à la rencontre des jeunes féministes derrière ces slogans incisifs. Du Havre à Marseille, en passant par Amiens, Paris, ou encore Montpellier, ils suivent différents collectifs de « colleur.euses », nom inclusif précisant qu’il n’y a pas que des femmes, mais aussi des personnes de minorité de genre (trans, non binaires). Au contraire de ce que l’on pouvait attendre d’un film sur le militantisme, dans Riposte Féministe la caméra à l’épaule n’est quasiment pas utilisée, et les cadres très soignés et posés permettent aux réalisateurs de garder la bonne distance face aux personnes, sans jamais interférer avec leurs actions.

Réappropriation

De ville en ville, nous assistons aux séances de collage et aux discussions qui les accompagnent. La colère, les doutes et les espoirs des protagonistes se mêlent dans la colle qu’elles remuent inlassablement, et qui servira à afficher les injustices devant les yeux de tout le monde. Alors que les institutions oublient les victimes de féminicides, c’est au tour de ces jeunes militantes d’organiser des marches blanches pour leur rendre hommage et de crier haut et fort leurs noms pendant les manifestations. En transposant leur action à l’écran, le film montre à quel point la douleur intime est indissociable du combat politique : se réapproprier l’espace public c’est avant tout se réapproprier le droit à disposer de son propre destin.

Riposte féministe, sortie en salles le 9 novembre 2022 : toutes les séances à Paris et en Île-de-France

Partager cet article sur :

Nos derniers articles

Neuf ans après Faute d'amour, Prix du jury à Cannes en 2017, le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev est de retour avec une relecture libre et contemporaine de La Femme infidèle de Claude Chabrol. Un coup de maître récompensé par le Grand Prix lors de la 79ᵉ édition du festival.

Publié le 5 octobre 2026 [Cinémas]

Isabelle Huppert en figurante que personne ne remarque : le point de départ est déjà savoureux. Avec Ni vue, ni connue, Marc Fitoussi réunit sa complice de Copacabana et Sandrine Kiberlain dans une comédie piquante sur les coulisses du cinéma et le désir de trouver sa place.

1940. Pétainiste convaincu, Henri Marre arrive à Vichy, décidé à se faire une place dans le régime naissant. De déconvenues en promotions, il prendra une part active à ses crimes. Présenté à Cannes cette année, le grand film tant attendu sur la Collaboration.

Fidèle à ses obsessions stylistiques, le cinéaste danois Nicolas Winding Refn signe une œuvre futuriste, à mi-chemin entre la science-fiction, l'épouvante et l'érotisme. Une œuvre aussi fascinante que polarisante.

La newsletter

Chaque mercredi, le meilleur des sorties culturelles à Paris avec L'Officiel des spectacles !