[critique] Materialists : L'amour, valeur d'usage ou valeur d'échange ?

© Adore Matchmaking LLC / Atsushi Nishijima

Le nouveau film de Celine Song, après Past Lives qui explorait la place du destin dans l’amour, continue sa réflexion sur les relations humaines.

Lucy, belle et ambitieuse trentenaire new-yorkaise, travaille dans une agence matrimoniale haut de gamme, et met brillamment son intelligence et sa rationalité au service de célibataires cherchant la perle rare, le « match » parfait, le grand amour. Mais les sentiments sont-ils seulement une question de critères objectifs ? Une relation amoureuse réussie n’est-elle que le fait de « cocher les bonnes cases » ? Le nouveau film de Celine Song, après Past Lives qui explorait la place du destin dans l’amour, continue sa réflexion sur les relations humaines. En abordant le sujet universel de la rencontre amoureuse, Materialists pose un regard singulier sur la mécanique du couple avec cette question : l’amour est-il une pure construction sociale ?

La réalisatrice livre un film à la mise en scène soignée et sans fausse note qui nous fait entrer avec jubilation dans l’univers luxueux de Lucy : à travers la caméra de Celine Song, New-York n’est pas la ville en noir et blanc de Woody Allen (Manhattan), mais une ville pétillante comme une bulle de champagne où la richesse permet aux personnages de parier sur le bonheur. La rigueur plastique de l’image et le raffinement des plans servent habilement le rapport entre vérité et apparences qui sous-tend le film.

Quand Harry rencontre Lucy

Tiraillé entre son désir de perfection et la réalité imprévisible des relations, l’esprit logique de Lucy vacille lorsqu’au cours du mariage d’un « match », elle rencontre Harry, riche héritier et incarnation de l’homme parfait, et retrouve simultanément John, acteur sans un sou et éperdument attachant dans son imperfection. Materialists renouvelle le motif du trio amoureux porté ici par des acteurs convaincants, à commencer par Dakota Johnson (Cinquante Nuances de Grey). À ses côtés, Pedro Pascal campe le prétendant idéal avec subtilité, et Chris Evans un comédien désargenté au grand cœur très émouvant. Ce casting impeccable comprend aussi Zoë Winters (Hunters), Marin Ireland (The Irishman), ou encore Sawyer Spielberg (Noël à Miller’s Point). Materialists devrait s’affirmer comme la comédie romantique de l’année, il a tous les critères pour un « match » parfait avec les spectateurs.

Materialists, sortie dans les salles le 2 juillet 2025 : toutes les séances à Paris et en Île-de-France

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