F1, le film : Vertiges de la course
Ancien espoir de la F1, Sonny est contacté par un patron d'écurie pour former un jeune prodige... Le rare Brad Pitt chez l'auteur de Top Gun : Maverick, ou la promesse d'un spectacle conduit pied au plancher.
Pourquoi croire en ce F1 au budget avoisinant, à en croire la rumeur, les 300 millions de dollars ? En premier lieu, parce qu'il est l'œuvre de Joseph Kosinski, auteur entre autres, pour Tom Cruise, de deux films tout sauf négligeables : le sous-estimé Oblivion, science-fiction élégante et racée, et le triomphal Top Gun : Maverick. À partir d'un argument certes classique (un pilote rangé des bagnoles prend sous son aile un jeune espoir), comparable du reste au sus-cité Maverick (c'est dans les vieux pots, etc.), on sait le cinéaste à même de satisfaire à toutes les exigences du blockbuster, mais avec une élégance dans la forme qui lui est propre. D'autant plus que Brad Pitt, très sélectif quant à ses rôles, et ici également producteur, s'est associé pour l'occasion à Jerry Bruckheimer... le producteur de Top Gun. Et qu'enfin les auteurs ont veillé à inscrire leur fiction dans un cadre authentique, grâce à la présence à l'écran des vingt pilotes de la saison 2023/2024 de Formule 1, Lewis Hamilton et Max Verstappen en tête.
Un pacte de vitesse
Du méconnu Grand Prix (John Frankenheimer, 1966) au classieux Le Mans 66 (James Mangold, 2019), en passant par le génial précipité de modernité que fut Speed Racer (Lana & Lilly Wachowski, 2008), l'automobile et le cinématographe ont partie liée. Leur mainmise sur les imaginaires et les transports – des corps comme des esprits – est d'ailleurs contemporaine. Deux passions anciennes qui, chaque fois qu'elles se croisent, concluent naturellement un pacte de vitesse.
Or, des courbes négociées, dans des décors synthétiques, par les « lumicycles » (ces véhicules qu'enfourchaient les héros de Tron : L'Héritage), jusqu'aux trajectoires d'authentiques avions de chasse, et dans des paysages bien réels cette fois, de Top Gun : Maverick, Kosinski excelle précisément dans la mise en scène de la vitesse. Les visions de la matière transfigurée par celle-ci, et de la lumière glissant sur les tôles ; le vacarme des moteurs, et qui pour les oreilles des aficionados est comme une symphonie mécanique ; le spectre, ou la promesse, de la collision (dans le cadre de la fiction, où elle reste sans conséquences)... Autant de motifs dont, connaissant Kosinski, F1 devrait savoir tirer le meilleur parti.
F1, le film, sortie le 25 juin 2025 : toutes les séances à Paris et en Île-de-France
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