Ni vue, ni connue : Dans l'ombre des vedettes

© Jérôme Prebois

Isabelle Huppert en figurante que personne ne remarque : le point de départ est déjà savoureux. Avec Ni vue, ni connue, Marc Fitoussi réunit sa complice de Copacabana et Sandrine Kiberlain dans une comédie piquante sur les coulisses du cinéma et le désir de trouver sa place.

Corinne Maclou arpente les plateaux depuis des années, son CV toujours prêt à être dégainé. Elle espère encore décrocher le rôle qui fera enfin d’elle une actrice aux yeux des autres. Les rebuffades s’accumulent, mais cette professionnelle de l’arrière-plan a de la ressource. Sa rencontre avec Sandrine Kiberlain, qui s’amuse ici à incarner une version fictive et peu aimable d’elle-même, semble lui ouvrir une porte. Une complicité se dessine, nourrie de conseils et de confidences. Pour Corinne, cette amitié pourrait aussi être le coup de pouce tant attendu. Reste à savoir ce que chacune vient chercher auprès de l’autre.

Deux actrices qui se jouent des apparences

Déjà passé par la série Dix pour cent, Marc Fitoussi connaît parfaitement les ressorts comiques de ce milieu où la cordialité n’efface jamais tout à fait les rapports de pouvoir. Une cantine, une salle d’attente ou un déplacement suffisent à rappeler que les uns et les autres ne vivent pas le même tournage. Ces détails donnent du mordant à la comédie, qui trouve surtout sa force dans son duo d’actrices.

Isabelle Huppert s’amuse à endosser l’anonymat avec un aplomb réjouissant. Sa Corinne insiste, s’incruste, négocie sa présence, quitte à embarrasser ceux qu’elle cherche à séduire. L’actrice rend attachante cette obstination sans gommer ce qu’elle peut avoir d’envahissant. Face à elle, Sandrine Kiberlain accepte de bousculer son image avec une belle autodérision. Sa célébrité lui assure des privilèges, mais ne la protège guère des doutes professionnels.

Leur relation échappe ainsi au simple affrontement entre une vedette capricieuse et une admiratrice éblouie. L’une possède la reconnaissance dont l’autre rêve ; toutes deux doivent composer avec le regard qu’on porte sur elles. C’est là que le film touche juste, lorsqu’une confidence rapproche soudain deux femmes que leur statut séparait. Enfin, les apparitions d’Anne Marivin, de Diane Kruger ou d’Emmanuelle Bercot ajoutent au plaisir de cette promenade indiscrète dans les coulisses du cinéma.

Ni vue, ni connue, sortie dans les salles le 7 octobre 2026 : toutes les séances à Paris et en Île-de-France

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Publié le 14 septembre 2026 [Cinémas]

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