Trap : M. Night Shyamalan, faiseur majeur de séries B
Avec son nouveau film, l'ex-wonder boy de Hollywood et nouveau maître de la série B promet de livrer un nouveau récit retors et riche en chausse-trappes.
Avec son troisième film, Sixième sens, M. Night Shyamalan s'était, en 2000, imposé sur la scène internationale. Un succès validé par ses trois films suivants, puis infirmé par une étonnante série d'échecs commerciaux ou critiques (de La Jeune Fille de l'eau à After Earth, en passant par le sous-estimé Phénomènes), qui avaient écorné la réputation du wonder boy de Hollywood.
Mais cette crise traversée par son cinéma était sans doute nécessaire pour achever sa mue en auteur majeur. En témoigna son retour en grâce avec le sombre The Visit, produit à l'économie par Jason Blum, puis le très beau Split. Depuis quelques années, chaque nouvelle livraison du cinéaste est ainsi l'occasion de le voir s'efforcer de transcender le film à pitch & twists (soit la promesse d'un concept narratif fort, résumable en quelques mots, et ponctué par une ou plusieurs révélations), auquel, trop souvent, il aura été réduit. Cela, en signant des séries B au sein desquelles, par le truchement de récits de thriller, de science-fiction ou d'épouvante a priori calibrés, il n'en déploie pas moins une vision du monde singulière.
Paranoïa contemporaine
Vendu par l'auteur lui-même comme « Le Silence des agneaux lors d'un concert de Taylor Swift », ce Trap (en français : « piège » – un piège dont on devine qu'il menace de se refermer sur son personnage autant que sur son public) promet ainsi de traiter du contemporain en confrontant deux figures parmi les plus populaires de la culture d'aujourd'hui : la pop star et le serial killer. Et, à en croire sa bande-annonce, d'interroger, avec le sens de la paranoïa dont l'auteur est familier, l'omniprésence des caméras, qu'elles soient privées (ces nuées de smartphones tendues vers la scène...) ou de surveillance.
Autant dire, la vie sans angle mort qui désormais nous est promise : le spectacle médiatique dans lequel chacun est continuellement soumis au regard des autres. Avec, en prime, la drôle de perspective d'assister à une transmission de père en fille(s). En effet, après que la cadette Shyamalan, Ishana, a récemment fait ses débuts en tant que réalisatrice avec Les Guetteurs, l'aînée, Saleka, interprète de r'n'b, débute ici en tant qu'actrice. Qu'on se le dise : la relève est assurée, et l'entreprise Shyamalan est désormais familiale...
Trap, sortie le 7 août 2024 : toutes les séances à Paris et en Île-de-France
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