[critique] Le Testament Médicis : Suivez le guide !

© Bastien Spiteri

Raphaëlle Cambray invente une mise en scène inventive et astucieuse pour raconter la véritable histoire de La Joconde, allègrement croquée par Stéphane Landowski. Un spectacle charmant !

Comme une réponse au menuet ironique qu’avait composé Barbara pour le sourire d’outre-tombe qui se morfond au Louvre, Stéphane Landowski a imaginé une ronde amusée et tendre en hommage à La Joconde. Ce chef-d’œuvre qui attire les foules demeure mystérieux, malgré les nombreuses exégèses qui ont tenté d’expliquer son sourire. Qui était vraiment Lisa Gherardini ? La sage épouse de Francesco del Giocondo, un marchand d’étoffes florentin, comme le prétendait Vasari ? N’est-elle pas le masque de Pacifica Brandani, la maîtresse de Julien de Médicis ? Pourquoi Léonard ne s’en sépara-t-il jamais ? Pourquoi François au Grand Nez voulait-il l’acquérir à tout prix ? Pourquoi Vincenzo Perruggia la vola-t-il ?

La vérité sous le vernis

Il suffit de leur demander ! Stéphane Landowski les ressuscite à travers le dialogue qu’entretient avec eux un gardien facétieux du musée du Louvre, la veille de son départ à la retraite. La petite histoire se mêle à la grande. On passe gaillardement d’une époque à une autre, du Clos Lucé à la soupente du vitrier cambrioleur, du square de la rencontre amoureuse à la table des retrouvailles entre un père cachottier et son fils oublieux. La mise en scène de Raphaëlle Cambray est ingénieuse et s’appuie sur le beau travail de Denis Schlepp, dont les lumières font apparaître et disparaître personnages et paysages.

Une interprétation au quart de poil

Karina Testa est Monna Lisa. Autour d’elle, Eric Prat ou Jean-Marie Frin, Antoine Pelletier, Mickaël Abiteboul ou Sébastien Lalanne, Massimo Riggi ou Audran Cattin, et Nicolas Poli. Les comédiens sont tous très bons et passent avec entrain d’un rôle à l’autre. Entre secret de famille et épopée artistique et politique, le spectacle se déploie avec une belle énergie, offrant révisions et découvertes, surprises et facéties plaisantes. La scénographie de Pauline Gallot transforme le plateau en imagier ludique et tout concourt à faire de ce spectacle une très chouette expédition dans les arcanes de l’histoire de l’art.

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