[cinéma] La Chaleur : Mortel été

© Memento Films

Accidentellement responsable de la mort d'un jeune de son âge, Marouane, 17 ans, compose avec sa conscience... Chronique estivale adolescente et thriller psychologique se télescopent dans ce beau film aussi solaire que mélancolique.

Dans un camping des Landes frappé par la canicule, les vacances touchent à leur fin pour Marouane, 17 ans, et sa famille. Mais, la nuit précédant leur départ, Marouane a une altercation avec un jeune de son âge : celui-ci, victime d'une chute accidentelle, meurt sur le coup. Pris de panique, Marouane enfouit, sous le sable, le corps du malheureux...

Un an seulement après L'Inconnu de la Grande Arche, son casting prestigieux et ses deux prix glanés aux César, Stéphane Demoustier revient avec un film renouant avec l'esprit et, surtout, l'économie de La Fille au bracelet (2019). À cette exception près que cette fois il s'entoure d'acteurs inconnus au bataillon et – alors que L'Inconnu... composait une traversée du mitan des années 1980 – s'attache à un récit resserré sur deux petits jours. 

L'argument, adapté du roman de Victor Jestin, n'est pas sans évoquer, dans une forme plus classique certes, celui du Paranoid Park de Gus van Sant. La chronique estivale est alors parasitée par un thriller psychologique en sourdine dont, peu à peu, le décor s'encombre de tragique. Les gendarmes croisent dans les allées du camping les vacanciers ; à quelques longueurs de la plage que baigne un soleil de plomb, et où Marouane flirte avec une fille de son âge, des bateaux cherchent en mer le disparu...

« Il faut en profiter, c'est vos meilleures années. »

Le coup de force de Demoustier, c'est d'en tirer une étude de caractère qui ne passe jamais par la verbalisation des états d'âme de Marouane, pour s'attacher plutôt à saisir en quoi le drame bouleverse sa perception du monde. Et le film de distiller une mélancolie tenace. Car, dès lors, Marouane regarde la jeunesse, ses bains de minuit et ses jeux de séduction comme un lointain souvenir, un microcosme aux rituels déconcertants, et dont soudain il est exclu.

« Il faut en profiter, c'est vos meilleures années », lui dit une adulte. Mais Marouane sait bien que, pour lui, et avant même d'avoir commencé, ces années-là sont finies. Ce que compose alors le cinéaste, c'est, à travers son point de vue décalé, le tableau d'une génération que guette la fin de l'innocence, et qu'incarnent idéalement des comédiens débutants qui offrent à leurs personnages le charme et la fragilité des premières fois.

La Chaleur, sortie dans les salles le 8 juillet 2026 : toutes les séances à Paris et en Île-de-France

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