Les lieux de tournage emblématiques à Paris

Paris figure parmi les villes les plus filmées au monde avec près de 900 tournages annuels, et fascine cinéastes français et internationaux. Cette sélection présente des lieux de tournage phares, illustrés par des exemples de films, offrant une nouvelle manière de découvrir la ville à travers son histoire cinématographique.
Le Louvre

Le Louvre, situé au cœur de Paris entre la Seine et la rue de Rivoli, est passé d’un château fort médiéval à un palais Renaissance, avant de devenir l’un des musées les plus renommés au monde. Son architecture monumentale a inspiré de nombreux films : dans Da Vinci Code (2006), Ron Howard y mêle mystère et symboles, tandis que Martin Bourboulon, avec Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan (2021), y plonge le spectateur à l’époque de Louis XIII.
Le Pont-Neuf

Le plus ancien pont de Paris, reliant les deux rives via l’île de la Cité et achevé sous le règne d’Henri IV au début du XVIIᵉ siècle, a séduit le cinéma par son caractère monumental. Robert Bresson y filme une dérive nocturne dans Quatre Nuits d’un rêveur (1971), tandis que Leos Carax en fait un refuge romantique dans Les Amants du Pont-Neuf (1991). Ce lieu de passage devient espace de rêve, de solitude et de rencontre, reflet de la ville en mouvement.
Le Moulin Rouge

Lieu incontournable de la fête et du spectacle parisien, le Moulin Rouge a ouvert ses portes en 1889, à l’aube de la Belle Époque. Son atmosphère électrique et festive inspire John Huston dans Moulin Rouge en 1952, et Jean Renoir avec French Cancan en 1955, qui en célèbrent la gaieté populaire et les danses audacieuses. Baz Luhrmann, lui, en propose une relecture musicale flamboyante dans Moulin Rouge, en 2001.
Le canal Saint-Martin

Le canal Saint-Martin, avec ses passerelles et ses écluses, incarne un Paris populaire et pittoresque. Classé monument historique en 1993, il reste un décor incontournable du cinéma. Marcel Carné y tourne Hôtel du Nord en 1938, un portrait du Paris ouvrier rendu célèbre par la réplique mythique d’Arletty : « Atmosphère, atmosphère… ». En 2001, Jean-Pierre Jeunet y filme des scènes pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, capturant la poésie des gestes simples.
Les toits de Paris

Recouverts d’un zinc emblématique, les toits de Paris sont des refuges discrets et des terrains d’aventure. Dès 1964, André Hunebelle y fait cavaler ses personnages dans Fantômas. Wolfgang Reitherman y célèbre la liberté nocturne des chats dans Les Aristochats (1970), tandis qu’Henri Verneuil exploite leur verticalité dangereuse dans Peur sur la ville (1975). Ces espaces, projets UNESCO depuis 2014, incarnent l’image instantanément reconnaissable de la capitale au cinéma.
Le pont de Bir-Hakeim

Le pont de Bir-Hakeim, remarquable par son architecture métallique à deux niveaux, son métro aérien, ses lignes symétriques et ses luminaires art déco, a inspiré des cinéastes de toutes les époques. Louis Malle y tourne Zazie dans le métro (1960), Georges Lautner y place une scène d’action dans Le Professionnel (1981), et Christopher Nolan en fait un décor clé dans Inception (2010).
Le quartier latin

Quartier cosmopolite où cafés, librairies et universités créent un véritable foyer pour les intellectuels, notamment au XXe siècle, ce secteur de Paris nourrit l’imaginaire du cinéma. Rendez-vous de juillet (1949) de Jacques Becker y capture l’effervescence d’une jeunesse en quête d’avenir, tandis que Le Corniaud (1965) de Gérard Oury y inscrit son humour décalé dans un décor vivant et populaire.
Les quais de Seine

Lieux de promenade depuis le XVIe siècle, ils incarnent l’élégance de Paris à l’écran. Stanley Donen y fait chanter Audrey Hepburn dans Drôle de frimousse (1957) et la filme sur le quai de la Tournelle, savourant une glace dans Charade (1963). Avec Un Américain à Paris, de Vincente Minnelli (1951), les quais deviennent le théâtre d’un vibrant hommage dansé à la ville. Minuit à Paris (2011) de Woody Allen y mêle nostalgie et modernité, renouvelant la magie des berges.
La tour Eiffel

Chef-d'œuvre français construit pour l’Exposition universelle de 1889, la tour Eiffel s’impose rapidement comme un emblème de Paris. Sa structure monumentale et reconnaissable est exploitée au cinéma depuis plus de 100 ans. René Clair y place des habitants figés dans Paris qui dort (1925), Gérard Oury crée une scène comique au pied de la structure dans Le Cerveau (1969), tandis que John Glen y scénarise une course-poursuite suivie d’un saut en parachute dans Dangereusement vôtre (1985).
L'avenue des Champs-Élysées

Axe royal puis artère centrale du prestige et de la vie parisienne, l’avenue des Champs-Élysées incarne la renommée et le dynamisme de la capitale. Dans À bout de souffle (1960), Jean-Luc Godard suit Jean Seberg et sa vente de journaux à la criée, symbole de la liberté et de la jeunesse rebelle de la Nouvelle Vague. Seuls Two (2008), d’Éric Judor et Ramzy Bedia, met en scène deux sans-abri errant sur une avenue désertée, satire sociale décalée. Holy Motors (2012), de Leos Carax, transforme les Champs en théâtre onirique où réalité et fiction se mêlent.
La butte Montmartre

Montmartre, ancien hameau campagnard devenu repaire d’artistes, séduit le cinéma par son atmosphère hors du temps. René Clément y tourne Le Château de verre (1950), dans une ambiance de désillusion amoureuse au cœur du Paris modeste. François Truffaut choisit la butte pour Le Dernier Métro (1980), évoquant la résistance culturelle sous l’Occupation. Ce quartier reste un terrain de jeu privilégié pour les cinéastes.
Paris a servi de décor à une multitude de films et cette sélection n’en offre qu’un aperçu. Pour explorer l’étendue de son héritage cinématographique et découvrir d’autres lieux emblématiques, rendez-vous dans nos rubriques À travers paris et Cinéma.
Partager cet article sur :
Nos derniers articles
Paris, source d’inspiration inépuisable pour le cinéma, se révèle à travers des films qui racontent ses mille visages. Chaque œuvre offre une vision singulière de la capitale, capturant son authenticité, ses sons et ses ambiances.
Pour son nouveau long-métrage et au fil d’une intrigue dont la mise en abyme est aussi fascinante que perturbante, Vincent Maël Cardona tisse un huis clos policier tortueux rappelant combien la réalité peut s’avérer plus aléatoire qu’elle y paraît.
Présenté en compétition au dernier festival de Cannes, dont il est reparti auréolé du Grand Prix, Valeur sentimentale s’affiche au départ explicitement comme un hommage au cinéma de Bergman.
Plus de trente ans après le dernier volet, le réalisateur Akiva Schaffer relance la saga parodique culte Y a-t-il un flic... Cette fois-ci, Liam Neeson succède à Leslie Nielsen dans le rôle du détective gaffeur. Il forme, avec Pamela Anderson, un duo gagnant.